Le droit à l'éducation

On doit malheureusement avouer que les femmes sont inférieures aux hommes au niveau scolaire mais cela est du à une différence d'enseignement et à un niveau d'apprentissage davantage élevé pour les hommes. Durant cette période les filles ne peuvent intégrer que les écoles privées ou pensionnats pour suivre des études simplistes. Une dizaine de pensionnats sont reconnus pour former des institutrices, celle-ci sont l'élite intellectuelle féminine et ont accès à un haut niveau d'instruction des plus élevé.

 

 

Ministre de l'Instruction Publique, Alfred de Falloux.©

 

Il faut attendre la loi Falloux voté le 15 mars 1850 pour que les communes ouvrent une école spéciale pour les filles à condition que la commune détienne 800 habitants ou plus, et cette obligation est étendue par Duruy aux communes de 500 habitants avec la loi du 10 avril 1867, ce qui était depuis 34 ans la règle pour les écoles de garçons et il mettra en place des cours secondaire pour les jeunes filles . Les écoles de filles gagnent donc leur place. Elles ne peuvent d’ailleurs être dirigées que par des institutrices. Leur développement se trouve lié à la montée des congrégations, que l’Empire autoritaire favorise en autorisant par décret 923 congrégations féminines entre 1852-1859 sont mise en place. Il faudra attendre longtemps pour que les institutrices remplacent les sœurs. Le développement de la scolarisation féminine se met en place plus tardivement, mais de façon plus régulière que la scolarisation masculine.

 

 

Jules Ferry © Bibliothèque de l'Assemblée nationale

 

Jules Ferry le 10 avril 1870 réunit une commission mixte de l'enseignement ayant pour but d'examiner entre autres les questions de gratuité,et les réformes à apporter à l’enseignement primaire et secondaire des filles et des garçons. A cette commission siègent les deux premières femmes bachelières de France,Julie-Victoire Daubié et Emma Chenu. Ainsi lors de la conférence il dit « Lisez du moins le livre de M. Stuart Mill sur l' assujettissement des femmes il faut que vous le lisiez toutes : c'est le commencement de la sagesse ; il vous apprendra que vous avez les mêmes facultés que les hommes. Les hommes disent le contraire, mais en vérité, comment le savent-ils ? C'est une chose qui me sur­passe. Diderot disait : Quand on parle des femmes, il faut tremper sa plume dans l'arc-en-ciel, et secouer sur son papier la poussière des ailes d'un papillon ; c'est une précaution que ne prennent pas, en général, les hommes, quand ils parlent des femmes ; non ! ils ont tous une opinion exorbitante sur ce point. », « Apprenez qu'il est impossible de dire des femmes, êtres complexes, multiples, délicats, pleins de transformations et d'imprévu, de dire : elles sont ceci ou cela ; il est impossible de dire, dans l'état actuel de leur éducation, qu'elles ne seront pas autre chose, quand on les élèvera différemment. Par conséquent, dans l'ignorance où nous sommes des véritables aptitudes de la femme, nous n'avons pas le droit de la mutiler. » et enfin « L'égalité d'éducation, c'est l'unité reconstituée dans la famille. » ( voir http://motstocsin.autonomie.org/html/textes/textesgeneraux/julesferry_egalite.htm )

 

 

En mars 1871, des institutrices de la Commune de Paris exigent une nouvelle forme d'éducation pour les enfants des classes populaires defavorisés et proposent un enseignement laïc permettant de chasser les congréganistes.

  

 

 

Léon Richer (1824-1911), journaliste, féministe © Photographie de Piquée (Troyes).

 

Léon Richer organise le premier congrès international des femmes à Paris en 1878 avec Maria Deraismes, fondateurs du périodique Le droit des femmes. Il a duré deux semaines et a marqué une nouvelle étape dans le développement du féminisme. Quelques mois après ce congrès, Jules Grévy succède à Mac-Mahon, et entraîne un changement radical. Les républicains entrant au pouvoir votent les libertés publiques et s’engagent dans une politique où la religion n'a pas sa place.

 

La loi dite loi Paul Bert votée le 9 août 1879, oblige les départements à disposer d'une école normale primaire de filles pour former les élèves-institutrices.

Après la loi de laïcisation de l’enseignement en 1879, Camille Sée, homme politique de gauche se préoccupe de l’éducation des jeunes filles. Résultat, le 21 décembre 1880, la loi Camille Sée autorise la création de lycées laïques de jeunes filles. Les lois scolaires de Jules Ferry sont votées, affirmant l'obligation, pour les enfants des deux sexes, de fréquenter l'école de 6 à 13 ans le 28 mars 1882 avec la loi de l'enseignement primaire obligatoire).

 

La Première Guerre mondiale met fin à la lutte laïque des institutrices françaises. Après avoir supplée les postes des instituteurs pendant la guerre, elles acquièrent en 1919 le même salaire que leurs homologues masculins.

En 1925 un changement considérable a lieu les programmes enseignés aux filles soient les mêmes que ceux destinés aux garçons. Puis de nombreuses avancées suivent de près cette dernière.C'est aussi en1925 qu'est crée la première école polytechnique féminine ( école d'ingénieurs ). Ensuite les femmes mariées peuvent s'inscrire à l'université sans l'autorisation de leur mari.. Et enfin en 1930 la première femme rentre à l'Ecole Centrale.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×