Histoire de la contraception

 

 

                         Le mouvement féministe a eu un impact important sur l'émancipation des femmes au XXe siècle.De nombreuses féministes ont contribué à travers leurs manifestations,à la création et à la modification de lois, à donner une nouvelle liberté à la femme dans le milieu de la famille et à ainsi modifié indirectement sa structure. Mais bien avant cette émancipation au cours du XIXe siècle,la femme exerça dans la famille paternaliste et traditionnelle une influence parfois occulte,toujours préssante qu'elle n'avait pas encore connue.Dès lors,la femme commence à exercer avec l'homme le partage du gouvernement moral de la famille et put ainsi exercer l'autorité nécessaire pour persuader l'homme,autrefois indifférent,de tenir compte de sa répugnance aux trop fréquentes maternités.Ce n'est plus seulement l'appréhension de l'accouchement,ni le risque du déshonneur:le pullulement des enfants apparaît comme une charge insupportable.Ainsi,la femme auparavant identifiée comme ayant juste la capacité de procréer veut se détacher de cette étiquette et montrer à la société qu'elle peut égaler l'homme.C'est une manière pour elle,de se dévoiler et de combattre les nombreuses inégalités qui creusent le fossée entre l'homme et la femme.

 

                                                                   (couverture du livre Au boulot les filles ! de Marie-Paule Dousset)

 

                         A partir de 1850,on peut perçevoir la montée progréssive d'un hédonisme sexuel dans la population:les pratiques sexuelles se sont peu à peu libéralisées et diversifiées,le rapport au corps s'est fait moins prude et les relations prénuptiales et extraconjugales sont plus fréquentes.La période 1850-1950 marque ainsi un tournant essentiel dans la géneralisation de la limitation des naîssances et donc  de la contraception grâce aux multiples avancées et découvertes technologiques,géographiques et scientifiques de la société.Mais la progréssion de la méthode de contraception ne se fera pas avant celle des protections masculines (mais cette derniére fera avancée la méthode de contraception).Ainsi,vers 1880,le premier préservatif en latex est crée mais il faudra attendre 1930 pour que son utilisation se répande.Cette "officialisation" du préservatif va donner des ailes aux opportunistes.C'est ainsi qu'apparaîssent en 1883 en Angleterre,des boites de préservatifs arborant le visage de la reine Victoria ou celui du Premier ministre Gladstone.En 1889,Paul Robin crée à Paris le premier centre d'information et de vente de produits anticonceptionnels.Mais la vente de préservatifs reste confidentielle,destinée prioritairement aux filles de "moeurs légères" ou aux soldats.Toutefois les pouvoirs publics empêchèrent la contraception de passer pleinement dans les moeurs car ils restaient sous le coup des interdits religieux auxquels vinrent s'ajouter d'autres préoccupations.En effet le XIXe siécle et l'explosion de l'industrialisation amenèrent une forte demande de main-d'oeuvre.Pour autant,le stérilet,dans sa concéption actuelle,date de la fin du XIXe siècle.Tous ces obstacles ont permis aux gynécologues d'imaginer de nombreuses alternatives.En Europe le principe des "barrieres" fut ainsi employé.Par exemple les paysannes Hongroises utilisaient des tampons constitués de cire d'abeille.Le diaphragme fut ainsi proposé en 1891 par Wilhelm Mesinga et son usage se répandit lors la mise sur le marché des premiers spermicides.Mais alors que l'avortement fut officielement interdit et même si il était pratiqué de manière clandestine,une partie de la population (la plupart des femmes)acceptait et comprenait les raisons de l'avortement.L'avortement s'est d'ailleurs répandu non seulement chez les femmes célibataires mais également chez les mères de famille trop pauvres ou trop nombreuses. Dans les milieux populaires,les femmes éprouvaient peu de culpabilité et s'echangeaient les recettes,au lavoir public ou dans les couloirs de l'usine.On estime entre 150 000 à 500 000,le nombre d'actes abortifs posés en France au début du XXe siècle.Pendant très longtemps,la clandestinité de l'acte eut pour conséquence qu'il se pratiquait dans des conditions déplorables,sans hygiène.Ces actes étaient éffectués par des personnes incompétentes (faiseuses d'ange) sur des femmes voulant à tout prix se débarasser de leur grossesse.En général,les substances abortives populaires telles que l'ergot de seigle ou le gaiîac (bois de vie) étaient inefficaces.Il existait également des substances actives mais toxiques qui provoquaient la mort du foetus:le plomb,le mercure,le phosphore,l'arsénic,des produits issus du potassium,le chloroforme...Ces substances pouvaient provoquer des hémorragies utérines qui tuaient le foetus mais aussi méttaient en danger la mère.Des procédés mécaniques étaient également utilisés,comme les procédés populaires tels que les saignées,les lavements répétés(à l'eau de javel par exemple),des traumatismes extra-génitaux (coups à l'abdomene) ou des injections vaginales chaudes et bien encore. Pire ,au XIXe siècle les "tours d'abandon" ont été mises en place pour les femmes qui désiraient laisser leur(s) enfant(s) en séurité ou pour cacher un enfant invoulu.

                                                                                                    (Tour d'abandon de Rouen)

 

                      Au XXe siècle,la misère s'atténue petit à petit mais elle ne disparaît pas. Alors que l'abandon des enfants se répand chez les femmes de la classe bourgeoise,le taux de natalité est au plus bas. Les guerres n'arrangent pas la situation et la peur d'accoucher est toujours là.En effet après la guerre,les risques encourus ne sont pas les mêmes pour les petites ouvrières (délit passsible à la Cour d'Assises) que pour les vedettes de cinéma ou de litérrature. Bon nombre d'actes abortifs se font au domicile de la candidate avec un médecin complaisant ou dans des cliniques privées,toujours de manière anonyme.Mais contrairement à d'autres pays européens,l'Angleterre ne succombe point aux diktats de la politique nataliste et les femmes anglo-saxones virent dans le préservatif une certaine aubaine,une forme de liberté,celle de choisir ou non sa grossesse,leur argument était de taille:"Plus de femmes meurent durant leur grossesse que dans les mines". Le préservatif connu également un succés croissant aux Etats-Unis où plusieurs marques de préservatifs firent leur apparition (trojan,durex en 1932...).

                                                                                        (le plus vieux préservatif du monde )

 

 

                       Mais malgré toutes ces avancées,l'Eglise maintient une position intransgiseante qui n'admet comme moyen de contraception que les méthodes naturelles(mais des méthodes insolites se répandaient encore comme par exemple la méthode inéfficace du Coca-Cola utilisé en douche vaginale).La seule contraception que l'on veuille bien concéder est la méthode du "laissez les vivre",c'est l'abstinence.

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